L’hiver offre des moments uniques en l’air : une visibilité cristalline, des conditions calmes et des ambiances particulières. En même temps, la saison froide pose des défis spécifiques aux pilotes de parapente. Nos pilotes d’équipe ont rassemblé pour toi les conseils essentiels afin de voler en hiver en toute sécurité.
En hiver, la température baisse rapidement avec l’altitude. Des chaussettes chaudes, des vêtements multicouches et surtout des gants coupe-vent bien isolés sont donc indispensables. Le vent relatif en vol accentue fortement la perte de chaleur à cause de l’effet wind chill, ce qui fait chuter la température ressentie bien en dessous de la température réelle de l’air. Pense à te protéger suffisamment à l’avance, par exemple avec des chaufferettes ou des gants chauffants.
L’effet core joue également un rôle central dans la gestion de la chaleur : lorsque le tronc se refroidit, le corps réduit la circulation sanguine vers les mains et les pieds. Des doigts froids sont souvent le signe que le core n’est pas assez protégé. Garder l’ensemble du corps au chaud permet non seulement de voler plus confortablement, mais aussi plus longtemps.
Le brouillard est plus fréquent pendant la saison froide et peut s’étendre jusqu’au sol. Le brouillard élevé comme le brouillard de vallée peuvent fortement réduire la visibilité et compliquer l’orientation. Consulte donc attentivement les informations météo du jour et ne décolle que si la visibilité et des possibilités d’atterrissage sûres sont clairement assurées. Traverser du brouillard peut être dangereux, en particulier à proximité des pentes.
Conseils de pros
La neige dans les boucles et dans les mousquetons peut geler et en compromettre le fonctionnement, ce qui représente un réel risque pour la sécurité. Veille donc à ce qu’aucune neige ne pénètre dans les fermetures. Le cas échéant souffle la neige éventuelle. Avant le décollage, vérifie aussi que toutes les suspentes sont libres. Elles peuvent facilement s’accrocher dans la neige gelée, ce qui peut entraîner des interruptions de décollage ou même des dommages aux suspentes. Si l’aile glisse au décollage, il est possible de fixer le bord d’attaque à plusieurs endroits à la main dans la neige. Veille à ce que la neige ne pénètre pas dans la voile. En alternative, des piquets à neige peuvent être utilisés, par exemple sur la PI, fixés aux boucles prévues à cet effet sur l’extrados.
Avant le décollage, les fixations, les points d’ancrage et la liberté de mouvement doivent être contrôlés avec soin afin d’éviter tout dysfonctionnement au décollage ou à l’atterrissage. Le décollage à skis nécessite en général une phase de lancement plus longue, car l’accélération est plus progressive et moins brusque qu’au décollage à pied.
Un pilotage stable de l’aile et une technique de décollage calme et propre sont essentiels. La phase d’atterrissage est également nettement plus longue avec des skis. Prévois suffisamment d’espace de glisse, garde l’aile active au-dessus de toi jusqu’à l’arrêt complet et prépare-toi à des conditions de neige variables afin de conserver le contrôle et la stabilité jusqu’à la fin de l’atterrissage.
La densité de l’air influence directement la portance d’un parapente. L’air froid est plus dense que l’air chaud et génère plus de portance à incidence égale. Cela se répercute aussi sur la vitesse : une aile qui vole à environ 40 km/h à 35 °C n’atteint plus qu’environ 37 km/h à –5 °C. En pratique, cela signifie qu’en air froid, la force du vent au décollage est souvent sous-estimée, ce qui peut être critique pour la sécurité. En revanche, pour le soaring en pente, moins de vent est nécessaire par temps froid pour maintenir l’altitude.